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De nombreuses langues sont parlées sur le territoire national depuis plus longtemps que le français…

Savez-vous que l’on recense près de 80 « langues de France » ? Cette appellation regroupe trois catégories :

  • Les langues régionales (basque, corse, picard, lorrain...)
  • Les langues non-territoriales (arabe dialectal, arménien occidental, berbère, judéo-espagnol, romani, yiddish)
  • La langue des signes française

Plus de la moitié des langues régionales sont parlées dans les territoires d’outre-mer, des créoles antillais au xaragurè (l’une des 28 langues kanakes) en passant par l’aluku guyanais.

Les locuteurs sont très divers et leur pratique est loin d’être uniforme. De plus, l’emploi de ces langues s’étend parfois au-delà des frontières de leur région d’origine : il suffit de penser aux très nombreux Martiniquais ou Guadeloupéens vivant en métropole, et utilisant couramment le créole dans leur vie quotidienne.

Une femme en costume traditionnel breton pose au milieu des menhirs de Carnac - 1er quart du XXe siècle © Reproduction Philippe Berthé / CMN
   

Quelques chiffres

Les langues les plus parlées ne sont pas forcément celles auxquelles on penserait spontanément : la dernière étude d’ampleur, qui date de 1999, montrait que l’alsacien et l’occitan comptaient plus d’un demi-million de locuteurs adultes, et le breton 300 000 environ. Suivaient les langues d’oïl (204 000 locuteurs), le francique mosellan ou platt lorrain (78 000), le corse (60 000) et le basque (44 000).

En 1999, 26 % des adultes vivant en métropole déclaraient avoir reçu de leurs parents une langue autre que le français. Dans la moitié des cas, il s’agissait de langues régionales.

Centralisme ou pluralisme ?

Le panorama actuel résulte d’une histoire complexe, car la langue est un enjeu à la fois intime et politique. Elle façonne la culture de chaque famille, chaque village, chaque région. Mais elle est aussi un facteur d’unité nationale : depuis des siècles, la France a décidé de s’appuyer sur une langue commune pour favoriser l’organisation de l’État.

L'ordonnance de Villers-Cotterêts, signée en août 1539 par François Ier, impose que tous les textes juridiques du royaume soient rédigés « en langue maternelle française et non autrement ». La formule est plus ambiguë qu’elle n’en a l’air !
  

Certains commentateurs y voient une ouverture vers l’utilisation des dialectes régionaux, qui étaient, après tout, des « langues maternelles » du royaume de France. Pourtant, l’histoire a plutôt retenu le texte comme le début de la montée en puissance du français au détriment des langues régionales.

Affaiblies par les politiques centralisatrices issues de la Révolution française, interdites à l’école sous la Troisième République (1870-1940), les langues régionales n’ont pas pour autant disparu, et leur statut fait l’objet de nombreux débats depuis le milieu du XXe siècle.
   

La rentrée des classes en 1936 © Gallica BnF
   

Quelle langue officielle pour la France ?

Charles de Gaulle, incarnation même de l’unité de la France pendant la Seconde Guerre mondiale, n’avait pas jugé utile d’introduire une langue officielle dans la Constitution de la Ve République (1958).

En 1969, dans son dernier grand discours, il n’hésitait d’ailleurs pas à citer en breton des vers écrits par son oncle, héraut de la culture celtique !

Paradoxalement, c’est la fondation de l’Union européenne qui a changé la donne. Inquiet de voir l’anglais s’imposer en Europe au moment du traité de Maastricht (1992), le Parlement français a modifié la Constitution, dont l’article 2 définit désormais le français comme langue de la République.

Et les langues régionales, dans tout ça ? Pour consacrer la diversité linguistique de la France, le Parlement a inséré dans la Constitution, en 2008, un article qui affirme que les langues régionales « appartiennent au patrimoine de la France ».

L’enseignement des langues régionales

Les enjeux actuels portent largement sur la place des langues régionales à l’école.

Interdit depuis la IIIe République, l’enseignement des langues régionales a finalement été autorisé par la loi Deixonne du 11 janvier 1951.

Cet enseignement peut prendre la forme soit d’un enseignement de la langue, soit d’un enseignement bilingue dispensé pour moitié en langue régionale et pour moitié en français.

Mais le sujet est encore sensible aujourd’hui ! En décembre 2021, suite à une nouvelle vague de polémiques, l'Éducation nationale a publié une circulaire assurant que l'enseignement immersif des langues régionales dans les établissements publics est bien possible et admis…
   

    

Pour en savoir plus sur les langues régionales en France, rendez-vous sur le site du ministère de la Culture.